À l’intention des médecins IVCC et sclérose en plaques
Les travaux du Dr Paolo Zamboni, un chercheur italien qui s’est mis à réaliser des angioplasties veineuses et à poser des extenseurs dans les veines de gros calibre de personnes atteintes de SP pour corriger des anomalies veineuses tout à fait particulières qu’il aurait observées, ont récemment fait l’objet d’une importante couverture médiatique qui a suscité un vif intérêt, mais aussi une certaine anxiété au sein de la communauté de la SP. Le Dr Zamboni a baptisé ces anomalies « insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique » (IVCC) et il prétend avoir « libéré » de leur maladie des patients atteints de toutes les formes de SP.
Comme il fallait s’y attendre, nos patients, qui se fient aux journaux et aux réseaux de télévision nationaux, sont désormais convaincus que ce traitement qualifié de « libérateur » permettra de les guérir rapidement de la SP et ils exigent que les anomalies veineuses qu’ils croient présenter soient dépistées et traitées.
À titre de neurologues du RCCSP, nous nous intéressons de près à tous les nouveaux traitements susceptibles de procurer des bienfaits à nos patients. Cela dit, la théorie de l’IVCC soulève une foule de questions et d’innombrables éléments de cette théorie n’ont pas encore été expliqués ni prouvés au moyen d’essais cliniques bien conçus. Ce n’est qu’à partir du moment où l’on sera parvenu à réitérer les observations à la base de cette théorie et à démontrer de façon satisfaisante que les anomalies veineuses observées pourraient être à l’origine de la SP que l’on pourra envisager de mener des essais cliniques comparatifs bien conçus pour vérifier si le fait de corriger ces anomalies influe effectivement sur l’évolution de la SP.
La Société canadienne de la SP a contribué à faire progresser la recherche dans ce domaine en lançant un appel de propositions de recherche. Mais, tant que les observations faites sur les anomalies veineuses caractéristiques de la SP n’auront pas été corroborées et tant que l’on n’aura pas démontré en s’appuyant sur des données solides qu’il y a de fortes chances pour que l’on influe sur l’évolution de la SP en corrigeant ces anomalies, le RCCSP DÉCONSEILLE fortement de chercher à les dépister ou à les traiter à l’aveuglette chez les personnes atteintes de SP. Rappelons que l’angioplastie veineuse et la pose d’extenseurs dans les veines ne sont pas dénuées de risques (perforation ou rupture de la veine, thrombose, hémorragie, infection ou embolie provoquée par la pointe du cathéter), sans compter que l’expérience acquise à ce jour dans la manipulation des veines jugulaires et de la veine azygos est relativement limitée. Qui plus est, rien ne justifie pour l’instant l’utilité de telles interventions sur le plan scientifique ou médical.
Lorsque l’on entreprendra des études cliniques sur l’IVCC, nous encouragerons les patients qui y seront admissibles et que cela intéressera à y prendre part, mais nous leur DÉCONSEILLERONS d’abandonner leur prise en charge ou leur traitement actuel.
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